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La Caulaincourt


Paroles et musique : Gilles Maire
Enregistrement  : CD 2

Y a la Caulaincourt qui court derrière Montmartre,
Quand Constentin Pecqueur lorgne la bouche en coeur,
La Lamarck qui s’élance vers l’église d’albâtre,
Que les escaliers coupent à pic sur Sacré-Coeur.

Eugène Carrière fait sa statue de pierre,
Détournant le regard de sa lourde palette,
Levant au vent le nez vers le vieux mur de lierre,
En face du bar du Rêve de la môme Éliette.

Finir en statue c’est con quand on y pense ;
Comme l’autre coincé soixante-quinze rue Norvin,
T’as Rodin pour copain, tu finis dans la danse
Des pigeons qui te causent de leur fiente d’alvin.

Éliette, elle a foutu le camp de son Rêve,
Où Marcelle aimait à passer entre deux passes,
Où le comptoir racontait entre deux brèves,
Le temps où Dutilleul vivait pas dans l’impasse.

Et oui, la môme Éliette elle a largué son zinc,
Elle a troqué Paris pour un bout de Saint-Malo ;
Comme si pour la retraite on pouvait faire la bringue,
La nuit dans ses vingt ans et la journée dans l’eau.

Il neige sur Paris mais Eugène Carrière,
Du blanc lui il s’en fout lui qui peignait qu’en noir,
Montmartre ne sera pas plus blanche qu’hier
Et le Rêve d’Éliette s’endort dans ma mémoire.


Paroles des chansons